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Un monde d'odeurs



Au-delà de la variété de forme proprement virtigineuse que nous offrent les champignons, ainsi que la palette complète de couleurs couverte par ces organismes, les odeurs sont une autre dimension largement investie par le règne fongique.


Critère souvent indispensable pour la détermination des espèces, le registre olfactif offre par ailleurs de très belles découvertes sensorielles.


Tout d'abord, il convient de soulever que le nom des odeurs, tel que retranscrit dans les livres, n'est qu'une interprétation personnelle. Il est généralement recommandé de constituer sa propre banque d'odeurs en y ajoutant les étiquettes de la littérature. Pour ce faire, prendre par exemple un Clitocybe en entonnoir sur le terrain, assimiler personnellement son odeur, puis y associer "l'odeur de flouve" décrit dans les guides.


Dans les plus notables, on trouvera des champignons aux odeurs anisées, mais percevoir les nuances entre le massepain, l'amande amère, le pastis, et l'anis n'est pas toujours évident. Cela permettrait cependant de différencier le comestible Clitocybe odorant du toxique Clitocybe anisé. Ou d'identifier à coup sûr l'hygrophore à bonne odeur, le marasme des Oréades ou l'agaric anisé des bois.


Dans les odeurs florales, on pourra sentir régulièrement en promenade l'incroyable Gloeophyllum odoratum, proche de la fleur d'oranger - bien que certains y décèlent plutôt le fenouil ou l'anis (encore une fois). Mais c'est surtout au dangereux Clitocybe à bonne odeur ou à des Inocybes, toxiques eux aussi, que l'on pensera. La fameuse Amanite phalloïde a quant elle une odeur de roses fanées. Il existe aussi un hygrophore à odeur de fleur de jacinthe. Et que dire du safrané de la Russule à pied creux. 


Odeur de fruit : compote de pomme de la Russule de Quelet, noix de coco chez la Russule emétique, mirabelle pour la chanterelle d'automne, banane chez certains cortinaires.


Certains champignons sont même si parfumés qu'ils sont utilisés comme condiment.


On notera en passant, que les odeurs de rave et de javel sont typiques du groupe des hébélomes et des mycènes, où ne se cache aucun comestible.


Finalement, il conviendra de parler d'un groupe d'odeurs extrêmement récurrent: la farine. Cependant ici aussi les distinctions sont nombreuses et souvent tout en nuances: farine fraîche, farine mouillée, farine rance, concombre. On aura ici recours au goût également dans la plupart des cas, car s'y cache de nombreux toxiques.


Les odeurs désagréables ne sont pas en reste non plus: odeur de caveau, de souffre, d'insecticide, de pipi, de cadavre. Tour à tour écoeurantes (chou pourri), voire irritantes (vinaigre), parfois subtiles (cire de bougie) et envoûtantes (alcool de poire), les odeurs du monde fongique n'attendent que vous et votre nez !


Bonnes balades en forêt!


© Photo: Laurent Francini

 
 
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